La bienveillance pour réduire le stress

Il y a près de deux mois, j‘ai entendu parler d’une recherche sur la bienveillance et le stress. Cette recherche, intitulée « Caring for Others Cares for the Self: An Experimental Test of Brief Downward Social Comparison, Loving-Kindness, and Interconnectedness Contemplations » a été publiée dans le Journal of Happiness Studies.

Je ne savais pas qu’un tel journal existait. J’ai trouvé ça surprenant. Et à la fois, pas si surprenant. On est tous à la recherche du bonheur et du bien-être. Il y en a qui font du yoga ou de la méditation. Il y en a des autres qui étudient le bonheur. Je me suis quand même demandée si ces gens étudiaient le bonheur pour le trouver. Je me suis demandée comment ils en sont venus à étudier le bonheur. Juste à titre de comparaison, j’ai étudié la criminologie. Je dois bien avouer que c’est une part de fascination qui m’a poussée dans ces études. Je me suis trouvée un peu bizarre aussi. Il y a ceux qui étudient le bonheur et ceux qui étudient le crime. Enfin, je ne suis pas là pour débattre de ce qui nous pousse à étudier certains domaines, même si la question m’a interpellée.

Enfin, les chercheurs qui ont mené cette étude ont demandé à des étudiants de faire un tour de 12 minutes sur leur campus en ayant certaines pensées sur les gens qu’ils croisaient (un résumé de l’étude se trouve ici). Les résultats que je vais traiter ici touchent deux groupes : ceux qui devaient souhaiter du bonheur aux gens qu’ils croisaient et ceux qui devaient se questionner sur comment ils étaient meilleurs.  Le groupe des personnes bienveillantes se sentait heureux et moins anxieux après les 12 minutes. A l’inverse, ceux qui devaient se placer au-dessus des autres ne tirait aucun avantage de leur comportement. En résumé, il suffirait donc de 12 minutes de bienveillance pour réduire son stress.

Hormis le fait que ça réduit son propre stress, ce qui est déjà beaucoup, ça améliore la qualité des relations en général. Ce qui est très important au travail. Je ne voudrais pas tirer de conclusions hâtives, mais il semblerait que d’être bienveillant avec les autres est bénéfique pour tout le monde. (On dirait que je prêche quelque chose en formulant ça). C’est bénéfique et pourtant si mal appliqué dans nos relations professionnelles. Est-ce parce que le monde du travail est une jungle ? Est-ce parce que certains pensent mieux réussir en écrasant les autres ? Est-ce parce qu’on doit toujours donner plus ? Ou simplement parce qu’il y a toujours des opportunistes qui profitent de prendre les lauriers des autres (oui oui, on a tous eu un collègue comme ça)? Est-ce vraiment lié à la reconnaissance qu’on reçoit au travail ? Ou est-ce plus profond ?  

Je ne sais pas. J’ai été dans une situation où mon travail n’était pas reconnu. Ni à sa juste valeur, ni même à une moindre valeur. Quoi que j’aie bien pu faire, c’était comme ne rien faire. Ça m’a poussée à ne plus vouloir rien faire. Ça ne me ressemble pas. Et pourtant. J’ai eu beaucoup de sentiments négatifs envers les autres. J’ai été jalouse. Jalouse, parce que blessée. Mais qu’est-ce que j’en ai tiré vraiment ?

J’ai appris que je voulais que mon travail soit remarqué. J’ai appris le mal que ça peut faire quand ça ne l’est pas. J’ai pensé que je n’étais pas la seule à vivre ça. Mais aussi, quand bien même j’étais blessée ou frustrée, les sentiments négatifs ne me faisaient pas aller mieux. A l’inverse même. Et cette recherche ne fait que confirmé mes pensées. Je vais plus loin que ces chercheurs (et oui, je fais une grande erreur scientifique en imaginant que mon vécu est universel), mais je pense que les sentiments négatifs n’ont fait que me plonger dans un mal-être plus profond. Je ne veux pas être cette personne. Je veux être de ceux qui remarquent le travail des autres. De ceux qui encouragent leurs collègues. De ceux qui créent une ambiance positive et collaboratrice. Surtout, je ne veux pas me laisser polluer par les mauvaises ondes de certains.

Alors, ce que j’ai appris vraiment : ne pas laisser les cons m’emmerder. Ni au travail, ni au quotidien. La vie et le travail peuvent être déjà bien assez épineux. Et si je peux amener du bien à ceux que je fréquente, c’est encore mieux. J’applique le merci et le bravo. Et j’espère que mes billets d’humeur vous font du bien.