le travail devient toxique

En écrivant mon dernier billet d’humeur, j’ai réalisé qu’il y a bien des facteurs qui influencent le mal-être au travail. Il y a bien le stress, mais il y a aussi les environnements toxiques.

Alors, je me suis renseignée sur le sujet. J’ai découvert qu’il y avait de nombreux signes d’un environnement toxique. Il y en a lié au travail en lui-même, comme les tâches excessives , les heures supp’ ou le stress d’être renvoyé. Il y a aussi des signes liés à l’ambiance globale : commérages, moral général bas et contact humain absent. Si ces signes ne sont pas les seuls, ce sont les plus visibles. Autant pour les managers que pour les employés. Globalement, ils ont pour effet de baisser la productivité, mais surtout de baisser la satisfaction ! Et oui, si vous devez réaliser des tâches irréalistes et que de semaines en semaines vous trainez du travail parce qu’il y a trop, ce n’est pas satisfaisant. C’est même décourageant !

Et c’est bien pourquoi, comme le dit si bien la Dr. Amina Aitsi-Selmi, les gens ne quittent pas des emplois, mais des environnements toxiques.

Pourtant, dans ces situations, personne ne semble réaliser la toxicité de l’environnement de travail. Et surtout personne ne semble prêt à changer. A l’inverse, les gens perpétuent cette mauvaise ambiance.

Ce qui est dingue, c’est qu’on sait que les employés d’une société en sont la pierre angulaire. Des employés heureux seront motivés. Et pourtant, on a tendance à l’oublier. Rendement, rendement et productivité. C’est limite si se faire couler un café pour le boire à son bureau n’est pas considéré comme une pause.

Combien d’entre vous mangent en vitesse sur un coin du bureau ? Combien font des heures supp’ chaque semaine pour « vite finir ça » ? Combien pense à la journée du lendemain en se couchant ? Combien ne vivent que travail ?

Ce sont de vrais questions à vous poser. Même si votre emploi vous plait, ce genre de facteurs peut vous le pourrir. Voire carrément vous le faire détester.

Et votre corps dans tout ça ?

Savez-vous ce que subit votre corps quand vous êtes dans le mal-être professionnel ? Maux de tête et douleurs musculaires à cause de l’état d’alerte constant que vous procure votre environnement de travail. Fatigue, troubles du système digestif (oui, oui, caca dur ou caca mou, c’est pas bon), appétit variant et maladie à répétition. Pire encore, perte de libido. Ce n’est pas une blague, le stress diminue la production de testostérone.

Et soyons honnête, quand le travail occupe tout notre esprit et nous stresse, le sexe devient le cadet de nos soucis. Alors, je voudrais pas être alarmiste, mais un emploi qu’on déteste nous déleste de tous les plaisirs de la vie. Douleurs dans notre corps, c’est pas agréable. Être fatigué et ne pas réussir à dormir, pas cool non plus. Et quand on ne peut plus profiter de son petit moment solo sur les toilettes ou des plaisirs charnels de la vie, c’est le summum. Et encore, je vous explique pas comment votre esprit, toujours à penser au travail, vous empêche de profiter des moments de repos, des repas entre amis, d’une bonne bière fraîche au soleil ou juste d’un bon bouquin. Le travail est toujours là, insidieux, dans un coin de votre tête. Presque à vous faire culpabiliser d’oser le délaisser.

Puis, on enchaine les heures supp’ le lundi, pour finir plus tôt le vendredi. Mais vendredi, il y a eu un couac, un dossier ou une autre nouveauté, qui fera qu’on reste quand même tard. Le stress apparait parce qu’on n’a pas pu finir. On a l’impression qu’on ne finira jamais. Qu’on se traine un gros nuage gris de tâches à réaliser. Nuage qui ne s’estompera pas parce qu’il n’est pas prêt de pleuvoir. Et c’est comme ça qu’on glisse. Finalement, on déteste pas vraiment son job en soit, on déteste l’organisation et l’environnement qui l’entoure.

Environnements toxiques mais pourquoi ?

Les environnements toxiques ont plusieurs signes. Mais quels en sont les déclencheurs ? La surcharge de travail ? La recherche de productivité ? Le travail constant qui fait qu’on a plus le temps pour un café, qu’on en perd les rapports humains et qu’on a plus le moral ?

Je pense que c’est une suite d’événements. Pas toujours dans le même ordre. Mais toujours pour la même raison : on a oublié ce que devait être le travail. Le travail ce n’est pas se tuer à la tâche. C’est être satisfait de ce qu’on a abouti, c’est échanger avec ses collègues, c’est rire à une blague de machine à café, c’est se réjouir des futurs projets.

On a aboli l’escalavagisme. Et aujourd’hui, on est esclave du travail. Comme le dit le Professeur Jeffrey Pfeffer dans son livre, on en est à Mourir pour un salaire.

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